Grégory MICHEL, licencié au club a participé à son premier triathlon longue distance au Mont Saint-Michel : le Bayman 2026. Il revient pour nous sur son nouveau challenge.
Bonne lecture
Samedi 10 octobre 2026, 10 h 15. Me voilà sur la ligne de départ du Bayman, au pied du Mont-Saint-Michel, pour mon premier triathlon longue distance au format L : 1 900 m de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied. Un sacré programme !
Après plusieurs années consacrées au cyclisme et à l’ultracyclisme, j’ai décidé, en septembre 2025, de faire évoluer ma pratique sportive en ajoutant la natation et la course à pied. Une année d’entraînement intense et trois premiers triathlons plus tard — un format S et deux formats M, à Porspoder et au Moulin Blanc à Brest — me voilà prêt à relever un nouveau défi. Enfin… prêt, je l’espère !
La natation représente pour moi le véritable challenge. Lorsque j’ai repris cette discipline, je n’avais pas l’endurance nécessaire pour parcourir deux kilomètres en eau libre. J’ai donc consacré une bonne partie de mon année à développer mon endurance en crawl. Ma technique est encore perfectible, mais j’ai désormais les moyens de relever ce défi.
Le vélo, en revanche, est mon terrain de prédilection. Avec mon expérience des longues distances et mes sorties avec l’AC Gouesnou, je pars plutôt confiant. Petite particularité du triathlon : le drafting est interdit sur ce format. Pas question de profiter de l’aspiration d’un groupe ! J’ai donc équipé mon vélo de prolongateurs pour adopter une position plus aérodynamique. Mon objectif : boucler les 90 km en trois heures environ. Le parcours présente tout de même quelque 800 mètres de dénivelé positif.
Quant à la course à pied, j’ai bien progressé cette année, notamment grâce à plusieurs trails. Mais le semi-marathon reste une distance que je connais moins. Et surtout, comment mes jambes vont-elles réagir après la natation et le vélo ? C’est encore un peu l’inconnu…
Conscient de mon niveau en natation, je me place dans le dernier sas de départ. Mon objectif est simple : adopter une allure régulière et dépenser le moins d’énergie possible.
Les départs sont donnés par petites vagues successives dans le Couesnon, au pied du Mont-Saint-Michel.
Dès l’entrée dans l’eau, le ton est donné : 14 à 15 °C annoncés ! C’est particulièrement saisissant.
Il me faudra environ 45 minutes pour parcourir les 1 900 mètres. Et dès la moitié du parcours, les premières crampes apparaissent dans les cuisses. Pas vraiment le scénario idéal quand il reste encore 90 km de vélo et un semi-marathon derrière !
Il faut s’accrocher, garder son rythme et rejoindre la sortie. Je termine finalement la natation dans un temps à peu près conforme à mon objectif, mais en ayant déjà puisé dans mes réserves.
Reste encore à rejoindre le parc à vélo, situé à près de 700 mètres de la sortie de l’eau.
À ce moment de la course, je pointe autour de la 700e place sur 900 participants. Il va falloir remonter quelques concurrents !
La première transition se déroule plutôt bien, à un détail près : impossible de fermer correctement ma chasuble coupe-vent. Tant pis, je pars sans !
La météo s’annonce capricieuse. Quelques belles éclaircies, mais également beaucoup de vent et de pluie au programme.
Les deux premières heures de vélo sont particulièrement agréables. Je parviens à maintenir une moyenne supérieure à 31 km/h et, surtout, je double beaucoup de concurrents. Après une natation compliquée, retrouver mon élément fait du bien au moral !
La dernière heure est plus exigeante. Le vent se lève de face, la pluie s’invite et je dois lever un peu le pied pour conserver suffisamment d’énergie avant la course à pied.
Je boucle finalement les quelque 92 km en 3 h 05, avec près de 880 mètres de dénivelé positif et une moyenne proche de 30 km/h.
Et surtout, je suis remonté aux alentours de la 444e place. Voilà qui fait plaisir !
La deuxième transition se passe correctement. Mais dès les premières foulées, mauvaise surprise : une douleur apparaît immédiatement à la cuisse.
Je dois adapter mon allure pour ne pas trop forcer. Je comprends rapidement que ce semi-marathon ne sera pas une simple formalité.
Heureusement, le cadre est absolument exceptionnel.
Nous courons avec une vue régulière sur le Mont-Saint-Michel, dans un environnement magnifique. Les spectateurs sont très nombreux — l’organisation en annonce 20 000 — et les encouragements sont permanents. Dans ces moments-là, cela fait vraiment la différence.
Malgré ma douleur, les huit premiers kilomètres se passent plutôt bien. Je parviens à maintenir une allure proche de 4 min 50 s au kilomètre.
Puis arrive l’un des moments les plus marquants de la course : l’ascension du Mont-Saint-Michel !
Il faut gravir les marches jusqu’en haut, au milieu des spectateurs. Je retrouve également ma femme et mes filles sur le parcours, qui m’encouragent. Un moment précieux, qui redonne de l’énergie.
Malgré l’affluence, tout est parfaitement organisé. Les bénévoles nous guident, les passages sont sécurisés et l’ambiance est formidable.
La montée et la descente du Mont resteront l’un de mes meilleurs souvenirs de cette journée.
Je repars pour la suite du parcours avec un regain de motivation.
Après le 15e kilomètre, les choses se compliquent sérieusement.
Il reste encore plusieurs kilomètres à parcourir, avec du vent de face et de la pluie. Mes jambes commencent à se contracter et la douleur devient plus difficile à gérer.
Je suis contraint de ralentir à nouveau pour tenir jusqu’au bout.
Je retrouve finalement le pied du Mont-Saint-Michel. Cette fois, pas besoin de remonter les marches ! Il reste deux kilomètres jusqu’à l’arrivée.
J’essaie de relancer une dernière fois, de retrouver un peu d’énergie et de profiter de ces derniers instants.
Et enfin, la ligne d’arrivée !
Je suis finisher du Bayman 2026, format L, en 5 h 49, à la 370e place sur environ 900 participants !
Pour mon premier triathlon longue distance, cette journée aura été une expérience aussi intense qu’enrichissante.
La natation m’aura demandé beaucoup plus d’énergie que prévu, et je pense en avoir ressenti les conséquences sur la course à pied. Mais je retiens surtout le plaisir d’avoir relevé ce défi, un peu plus d’un an après avoir commencé à pratiquer sérieusement ces deux disciplines.
Un grand bravo également à l’organisation du Bayman. Les ravitaillements étaient parfaitement positionnés, les routes sécurisées et fermées à la circulation lors de notre passage à vélo, et les bénévoles omniprésents pour nous guider et nous encourager.
Ajoutez à cela les milliers de spectateurs, l’ambiance et le cadre unique du Mont-Saint-Michel : tous les ingrédients étaient réunis pour vivre une journée mémorable.
Une expérience unique… à refaire !











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